Les entreprises gazo-intensives, victimes collatérales de la guerre en Ukraine
Nathalie Jourdan
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Très dépendante du gaz qui alimente ses fours, l'industrie du verre est percutée de plein fouet par l'envolée des cours.
groupe Pochet
L’explosion des prix de l’énergie percutent au premier chef les entreprises gazo-intensives. Détour par la Normandie, arrière-pays industriel de l’île-de-France, où de nombreux secteurs d’activité accusent le coup.
Faire taire tout ou partie de ses machines faute de pouvoir supporter l'explosion des prix du gaz. C'est le choix auquel devront sans doute se résoudre beaucoup d'entreprises énergivores, en raison de la hausse vertigineuse des cours dans l'Union Européenne.
Le fabricant norvégien d'engrais azotés Yara a été l'un des premiers à franchir le pas. Mercredi dernier, il a annoncé réduire temporairement la production de ses deux principales usines sur le Vieux continent : celle de Ferrare en Italie et celle du Havre en Seine-Maritime dont la capacité globale tutoie les deux millions de tonnes.
Le groupe, qui avant même le déclenchement du conflit prédisait une augmentation de sa facture énergétique de 900 millions de dollars au premier trimestre 2022 versus la même période de l'an dernier, a pris une décision radicale. « La production européenne d'ammoniac et d'urée de Yara devrait être opéré à environ 45 % de ses capacités d'ici la fin de la semaine » a t-il fait savoir dans un communiqué sans préciser de date pour un éventuel retour à la normale.
Les fabricants d'engrais, dont le gaz constitue la principale matière première, sont loin d'être les seules victimes collatérales de la guerre en Ukraine. En visite près du Havre vendredi dernier, Bruno Le Maire s'inquiétait par exemple à haute voix des « conséquences pour les sucreries », autres grosses consommatrices de gaz : une molécule indispensable au séchage de la betterave avant sa transformation en sucre.
A quelques kilomètres de l'agglomération havraise, la flambée des cours donne aussi des sueurs froides aux entreprises de la vallée de la Bresle (Seine-Maritime et Somme) : le premier pôle mondial du flaconnage de luxe avec 70 % de la production planétaire. Bien qu'ils se soient tous engagés à électrifier leurs fours de fusion à moyen terme (entre 2024 et 2030), les grands verriers de ce que l'on appelle la "glass Valley" restent archi-dépendants du gaz avec les conséquences que l'on imagine.
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