Arkéa : le Massif central vote pour "Rester Crédit Mutuel"

Crédit Mutuel : 6 groupes régionaux, 19 fédérations. Résultat net 2017, en millions d'euros.
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Crédit Mutuel : 6 groupes régionaux, 19 fédérations. Résultat net 2017, en millions d'euros.
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C'est une scission dans la scission. Le Crédit Mutuel du Massif Central (CMCC), la plus petite des trois fédérations composant le groupe bancaire régional Crédit Mutuel Arkéa, souhaite rejoindre la plus grande entité de l'ensemble mutualiste, le CM11, dont le siège est à Strasbourg. Il veut quitter le groupe Arkéa, dont le siège se situe près de Brest, qui est lui-même engagé dans un processus de sortie du groupe mutualiste : en mars-avril, 94% des caisses locales d'Arkéa (leurs administrateurs, pas les sociétaires) avaient voté en faveur de son "indépendance".
Un divorce compliqué qui n'est pas encore formellement engagé sur le plan juridique. A l'issue d'assemblées générales extraordinaires tenues entre le 18 septembre et le 30 octobre, les sociétaires des trente caisses locales du CMMC ont voté en très large majorité, à 85% des suffrages exprimés, en faveur des modifications statutaires nécessaires au rattachement à la caisse fédérale de Crédit Mutuel-groupe CM11, selon un communiqué de la fédération du Massif central.
La participation a été deux fois supérieure à celle habituellement constatée. En revanche, dans trois caisses, le rattachement au CM11 n'a pas atteint la majorité des deux tiers nécessaire.
Cette volonté de sortir n'est pas neuve : la fédération du Massif central a annoncé son projet de "convergence" vers le CM11 en juin 2017. Les modifications des statuts prendront effet "au plus tard le 1er janvier 2020" précise-t-elle, avançant même que "le processus d'adhésion à la caisse fédérale du Crédit Mutuel-CM11est désormais définitivement finalisé du point de vue juridique et statutaire".
Cependant, la direction d'Arkéa a fait remarquer que ce processus n'était pas si simple.
Parmi les modifications importantes à venir, il y a notamment le changement de code banque (qui figure dans les RIB et codes Iban) pour que le CMMC soit rattaché au CM11.
Arkéa est bien placé pour savoir qu'une scission n'est pas un processus simple. Le groupe s'est lui-même engagé dans un complexe chemin vers la désaffiliation, un divorce qui prend du temps et pourrait lui coûter cher. La Confédération nationale du Crédit Mutuel, l'organe central de l'ensemble mutualiste, opposée au départ d'Arkéa, a déjà posé ses conditions financières (rétrocession de réserves, indemnités, etc, estimées à plus d'un milliard d'euros). Il y a deux semaines, les instances représentatives du personnel d'Arkéa ont rendu un avis défavorable au projet de scission en comité central d'entreprise. La direction du groupe a dit poursuivre la mise en oeuvre opérationnelle du projet.
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Le schéma définitif de la séparation, dévoilé fin juin, doit être soumis au vote des caisses locales, avant la fin de l'année selon le calendrier initial. Or il revient à une forme de centralisation, ce que dénonce Arkéa à l'égard de la Confédération, justifiant son envie d'indépendance : les caisses locales (actuellement au nombre de 331) resteraient détentrices du capital d'Arkéa, selon le schéma traditionnel de la "pyramide inversée", mais leurs actifs, leurs encours, leurs dépôts et toute leur activité bancaire seraient transférés à des succursales "miroir", filiales d'Arkéa. Les pouvoirs publics ne sont pas favorables à cette scission et sont restés très discrets ces derniers mois sur le sujet.
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