Crédit Agricole frôle les 5 milliards d'euros de bénéfice

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(Crédits : Reuters)
Crédit Agricole SA (CASA), entité cotée de la banque mutualiste, enregistre en 2019 un bénéfice de 4,84 milliards d'euros, parmi les plus hauts historiques du groupe et largement supérieur aux 3,66 milliards d'euros qu'attendaient les analystes interrogés par l'agence Bloomberg.

Après une année sinueuse, Crédit Agricole SA (CASA), entité cotée de la banque mutualiste, clôture 2019 avec un excellent dernier trimestre, dopé par une dotation de plus d'un milliard, qui l'approche des 5 milliards de bénéfice annuel.

Après des années de litige avec le fisc français, le dossier Emporiki, du nom de son ancienne filiale grecque, aura finalement eu une conséquence positive pour CASA. Celle de pouvoir comptabiliser au quatrième trimestre une reprise de provision liée à la structure hellène après une décision favorable du Conseil d'Etat.

Plombé par le renflouement et la vente pour un euro symbolique d'Emporiki en 2012 en pleine crise grecque, Crédit Agricole avait souhaité déduire la charge correspondante de plus de deux milliards d'euros du montant de ses résultats déclarés aux impôts.

Un des plus hauts historiques

Mais le fisc avait refusé l'opération, appuyé dans ce sens par une première décision de justice. Finalement, en appel en juin 2018, la banque a réussi à convaincre conduisant les autorités fiscales à lui reverser ce qu'elle aurait pu économiser avec cette déduction, soit 838 millions d'euros selon les calculs du groupe, auxquels se sont ajoutés les intérêts.

Cet apport de liquidités n'explique pas uniquement le bond de 10% du bénéfice l'an dernier, à 4,84 milliards d'euros, parmi les plus hauts historiques du groupe et largement supérieur aux 3,66 milliards d'euros qu'attendaient les analystes interrogés par l'agence Bloomberg.

L'effet Emporiki a compensé une dépréciation, annoncée mi-décembre, de plus de 600 millions de son enseigne de banque de détail LCL. Une fois gommés l'ensemble des éléments exceptionnels et comptables, le bénéfice net ressort encore en hausse de 4% à 4,6 milliards d'euros. Et au niveau du groupe Crédit Agricole, c'est-à-dire en incluant les caisses régionales, le bénéfice net atteint même 7,2 milliards d'euros, en hausse de 5% tant en données publiées que retraitées.

Un quatrième trimestre très solide

Les revenus, ou le produit net bancaire (PNB), de CASA augmentent légèrement dans les deux cas, s'élevant à 20,1 milliards d'euros (20,3 milliards après retraitement). L'exercice a été par ailleurs marqué par des performances très solides au quatrième trimestre dans tous les segments. Entre octobre et décembre, CASA a vu augmenter son bénéfice net de 65% à 1,66 milliard d'euros. Une fois toiletté des effets exceptionnels, celui-ci bondit de 23,5% à 1,3 milliard d'euros.

"Tous les pôles métiers contribuent à cette croissance annuelle, grâce à une activité commerciale dynamique", se félicite Philippe Brassac, directeur général de CASA, dans un communiqué, soulignant la conquête de 370.000 clients en France et en Italie. Ces résultats "ont été obtenus de manière vertueuse" avec des revenus qui augmentent plus rapidement que les charges, a estimé pour sa part Jérôme Grivet, directeur financier du groupe.

A la clé, une amélioration de la rentabilité et du bénéfice qui lui ont permis sur un an d'absorber sans dommage un relèvement du coût du risque -soit des réserves passées pour faire face à des défauts de paiements- devenu trop faible, particulièrement dans la banque de financement et d'investissement (BFI).

BFI, gestion d'actifs et assurance comme principaux moteurs

Fort de ces atouts, CASA affiche un ratio de solvabilité (dit CET1 composé de capitaux destinés à parer à d'éventuels chocs) de 12,1% à fin décembre, supérieur à son objectif de 11%. Ce qui l'amènera à débloquer d'ici mars 35% du mécanisme de garantie "Switch", mis en place avec les caisses régionales du groupe, qui, en échange d'une rémunération, lui apportent du capital pour satisfaire aux exigences réglementaires en fonds propres. CASA s'attend à récupérer cette année près de 60 millions d'euros supplémentaires par ce biais.

Métiers les plus performants de cet exercice: la BFI; la gestion d'actifs, emmenée par Amundi fort d'un nouveau niveau record de collecte l'an dernier; et l'assurance, qui profite du réseau de détail pour faire bondir la souscription de contrats par les clients bancaires particuliers et professionnels.

"Optimistes" pour 2020

Pour 2020, "on est optimistes", a déclaré Philippe Brassac lors de la présentation de ses résultats. Les perspectives s'annoncent bonnes au vu des nombreux partenariats noués à l'international, gestion d'actifs en tête avec, d'ici à la fin de l'année, la naissance d'une coentreprise entre Amundi et une filiale de Bank of China et la prochaine acquisition de la gestion d'actifs de l'espagnole Banco Sabadell. Autant d'alliances visant à dépasser le cap des cinq milliards d'euros de bénéfice, l'un des objectifs fixés pour 2022.

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Commentaires
a écrit le 15/02/2020 à 15:11 :
10j avant que n'éclate le scandale Kerviel, la société générale se gargarisait de résultats exceptionnels, alors que toutes les autres banques françaises dévissaient à cause de la crise des subprimes.
Les montages financiers des banques sont peu fiables. Faire mentir les chiffres est probablement le domaine où elles savent être le plus ingénieuses.
a écrit le 14/02/2020 à 10:12 :
"Optimistes" pour 2020"

C'est marrant comme s'il y a vraiment un secteur pour lequel nous ne nous inquiétons pas, mais alors pas du tout, c'est celui des saigneurs de l'économie !

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