Vents mauvais pour les équipementiers automobiles. La bascule vers l'électrique, la contraction du marché et la baisse régulière de leur rentabilité mettent les sous-traitants sous pression. Restée pour l'instant à l'écart des grands projets structurants dans l'électromobilité contrairement à sa voisine des Hauts-de-France, la Normandie automobile risque de payer un lourd tribut aux mutations en cours. Deux événements récents illustrent les périls qui guettent le secteur. Ils ont pour point commun de frapper des villes moyennes, déjà éprouvées par la désindustrialisation.
Le premier a pour décor la localité d'Argentan (13.000 habitants), dans l'Orne. Le groupe Marelli, détenu par le fonds KKR, y a annoncé, le 4 octobre dernier, la fermeture de son usine spécialisée dans la fabrication de boîtiers papillon, permettant d'alimenter en air les moteurs thermiques de plusieurs grandes marques. En butte à une perte d'exploitation de « 22 millions d'euros entre 2018 et 2022 » selon la direction, le site devrait stopper ses activités dès le 1er janvier 2024. Résultat, 167 emplois sont supprimés.